Dans cet article, je souhaite vous décrire ce qu’est la Syntropie !
Même si je ne suis pas un expert, j’ai essayé de comprendre cette méthode de culture et de la mettre en application, à ma sauce, pour réaliser mon verger de 400m² de culture.
Pour expliquer la syntropie, je vais avancer progressivement et je vous invite à ne pas vous arrêter sur les premières explications qui seront incomplètes.
La vidéo sur la syntropie :
Qu’est que la syntropie dans les grandes lignes ?
Je ne vais pas chercher à faire compliqué ou à donner une définition, je vais juste vous exposer ma compréhension du sujet et ce, de manière simple.
L’idée de la Syntropie, c’est de cultiver beaucoup de plantes diverses et de manière très dense.
On peut déjà se demander « Pourquoi densifier ? ». Densifier une zone, va permettre de créer un micro climat favorisant le développement d’une zone et facilitant la gestion de l’eau. En effet, une zone dense va moins évaporer d’eau, maximiser la photosynthèse et favoriser le développement de la vie du sol qui sera constamment couvert, par des plantes qui seront dessus en train de pousser.
Je rajoute qu’à titre personnel, densifier veut dire aussi, avoir un potentiel de plus grande production sur une zone définie. Vu que je dispose d’un petit terrain, la densification proposée par la syntropie était pour moi une évidence et m’a donné l’envie de tester cette manière de cultiver.
En complément de la densification, il faudra aussi diversifier ses plantations permettant de réduire les risques de maladies et la présence des ravageurs. On cherche, plus ou moins, à recréer ce que la nature sait faire le mieux, un écosystème autonome et robuste. Cela ne peut pas être réalisé par une monoculture. Dans la nature, que cela soit une prairie ou une forêt, il y a une multitude de plantes très diverses et très denses.
Avant d’aller plus loin sur ce qu’est la syntropie, rappelons ce dont les plantes ont besoin pour se développer : de l’eau bien sûr, mais aussi de la lumière, et de se nourrir avec ce qu’il y a dans le sol.
Donc les plantes, ont besoin d’avoir de l’espace au niveau aérien pour faire de la photosynthèse, et d’espace dans le sol pour accéder à leur nourriture.
Il y a donc une question qui se pose : comment faire pour cultiver de manière dense et faire en sorte que les plantes ont un accès suffisant à la lumière et à leur nourriture ?
La syntropie : comment faire ?
Lorsque l’on plante des arbres, des arbustes, des petits fruits, des plantes pérennes voire des plantes annuelles de manière très proche, il faut gérer leur accès à la nourriture dans le sol, et leur besoin en lumière.
Il faut donc gérer le volume des plantes en les taillant, et disposer d’un sol suffisamment riche pour que tout le monde puisse se développer correctement.
Or la syntropie a été mise en place, à la base, dans des zones où justement le sol n’était pas riche et où il fallait recréer un écosystème. Je vous invite à regarder la genèse de tout cela, en particulier les travaux de Ernst Gotsch au Brésil.
Prenons les deux problématiques une par une : la gestion de la lumière et la gestion de la nourriture :
- Pour l’accès à la lumière des plantes, il va falloir gérer leur volume, donc à la fois leur hauteur et leur largeur. Pour cela, il faut connaître un minimum les caractéristiques des plantes qu’on utilise et les tailler plus ou moins régulièrement afin de laisser de la place aux autres plantes.
- Pour l’accès à la nourriture, il faut utiliser les coupes régulières pour les remettre au sol, générant un paillage constant, et créant ainsi un cycle de fertilité qui va améliorer le sol.
Sauf erreur de ma part, que je vous invite à confirmer ou corriger en commentaire, si une plante est taillée elle va moins développer ses racines afin d’utiliser plus d’énergie pour favoriser son feuillage et ses branches, monopolisant ainsi moins d’espace dans le sol.
Aussi, les plantes seront en concurrence entre elles pour aller chercher la lumière, favorisant ainsi leur croissance au niveau aérien. Cela revient à ce que fait la nature que cela soit en prairie ou en forêt. En effet, dans une forêt, les arbres cherchent à atteindre la lumière et pour cela, étant en concurrence des autres arbres, développe un tronc de plus en plus haut.
Donc pour résumer ce qu’on a vu à ce stade, la syntropie c’est donc :
- Planter très dense
- Tailler régulièrement (dans le jargon de la syntropie on parle de perturbation des plantes)
- Pailler le sol avec les tailles
Les plantes utilisées
Comme je viens d’en parler, il est nécessaire d’avoir quelques connaissances sur le comportement des plantes notamment :
- Leur volume aérien : hauteur / largeur
- S’il s’agit de plantes annuelles, pérennes, d’arbres …
- Leur exposition : soleil, mi-ombre, ombre
- Leur vitesse de croissance
En syntropie, nous allons utiliser des plantes très diverses, et faire en sorte d’avoir un « boost » de croissance, appelé « saut du chat », sur la zone que l’on souhaite cultiver, grâce aux pratiques que l’on a vues précédemment (densité, taille, paillage, et concurrence).
Certaines plantes ne seront présentes que pour générer du paillage, on parle donc de plante à biomasse, d’autres pour produire des fruits et légumes, et certaines seront utilisées en partie pour la production et en partie pour la génération de biomasse.
L’objectif de cette vidéo n’est pas de faire l’inventaire complet de toutes les plantes, vous disposez déjà sur la chaîne de vidéos qui en parlent, notamment celles relatives à mon top des plantes à biomasse. Je vous invite à les regarder.
A noter que la génération de biomasse via les tailles régulières des plantes, permet de générer son propre paillage évitant ainsi d’en amener sur le terrain, et diminuant d’autant les coûts de gestion d’amélioration du sol.
La gestion des strate en syntropie
En syntropie, on parle également de strates de culture, et de la gestion des plantes dans le temps et dans l’espace.
Au niveau de l’espace, il faut en général travailler sur au moins 4 strates, en tout cas c’est ce que personnellement je fais, avec des plantes qui sont :
- à raz du sol,
- entre 50cm et 3m de hauteur,
- entre 3 et 6m de hauteur
- entre 6 et 15m de hauteur
Il y a une 5ème strate celle des grands arbres à plus de 15m de hauteur. Je ne l’utilise pas car le petit terrain de 400m² sur lequel je fais mes cultures, ne le permet pas.
Concernant la gestion dans le temps, elle concerne des plantes qui se développent plus ou moins vite, et qui vivent plus ou moins longtemps. Ainsi dans notre implantation, il faudra penser à la gestion de la zone sur plusieurs années et sur l’évolution des plantes.
Par exemple, les premières années, et afin de créer rapidement un gros volume dans la zone de culture, on pourra utiliser des plantes annuelles à croissance rapide, comme les maïs et les tournesols, qui petit à petit pourront être remplacés par d’autres plantes comme des saules osiers qui pourront générer de la biomasse au bout de 2-3 ans et des arbustes pour produire des fruits.
Autre exemple, les premières années les arbres et arbustes ne produiront pas encore leurs fruits et seront d’une taille modeste, laissant plus de place pour cultiver des plantes potagères, comme des tomates. Au bout de quelques années, ce sont les fruitiers qui prendront le relai dans la zone, et il faudra probablement changer l’emplacement de la culture des plantes potagères.
Si vous souhaitez mettre en place cette manière de cultiver, pour faire votre potager, cela semble être possible, mais pour moi, la syntropie est intéressante pour développer un verger de manière dense, ou en tout cas, avec la mise en place de plante pérenne, que sont les petits fruits, arbustes, plante vivaces, etc….
En effet, pour réaliser un verger traditionnel, il faut planter des arbres très espacés, avec peu d’autres plantes autour. Avec la syntropie, on va justement maximiser l’espace d’un verger, et produire, des fruits d’arbres fruitiers bien sûr, mais aussi, des fruits d’arbustes, des petits fruits, ou encore des légumes.
Conclusion :
Pour résumer tout ce qui vient d’être dit dans cette vidéo, voici une liste d’expressions clefs permettant de définir la syntropie :
- Plantation dense
- Création d’un microclimat
- Maximisation de la photosynthèse
- Taille de plante régulièrement
- Croissance rapide des plantes
- Paillage constant du sol
- Amélioration du sol, favorisant le développement de la vie du sol
- Productivité accrue
- Production de fruits et légumes sur plusieurs strates
- Diminution de l’arrosage
- Diminution des risques de maladie et de ravageur
- Diminution / suppression du besoin d’intrants (engrais, fumier, paillage…)